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Qu’est-ce que l’architecture durable ? Le concept peut-il être appliqué aux Data Centers ?

Nous avons été ravis de voir Equinix intervenir sur BFM Business le mois dernier pour évoquer l’investissement de l’entreprise dans les Data Centers en France – tout en exposant l’un de nos projets en arrière-plan.

C’est encourageant d’entendre l’entreprise affirmer clairement son engagement à renforcer le réseau de données français – pour l’utilisation de la 5G et du Cloud Computing – et à déployer des efforts importants pour minimiser l’impact sur le climat en utilisant des énergies renouvelables, la récupération de chaleur, un choix judicieux de matériaux, et même de fermes urbaines sur les toits.

Avec ce type d’engagement, que réserve l’avenir à la conception des data centers ? Nous nous sommes entretenus avec le cofondateur de Reid Brewin Architectes, Adrian Brewin, pour le découvrir.

L’architecture « durable » n’est pas un concept nouveau – et nous en entendons parler dans le contexte du marché immobilier dans le monde entier. Mais la réalité est que, si les data centers contribuent largement à la réduction des déplacements, ce secteur est difficile à rendre « durable » en raison de sa consommation d’énergie.

C’est pourquoi, pour créer une « architecture durable », il faut se concentrer sur les décisions de conception fondamentales tout au long du cycle de vie du projet, en mettant l’accent sur la réduction de l’impact environnemental de la construction.

Comme nous le savons, les conversations actuelles portent sur l’intégration continue du data centre dans nos vies et sur la façon dont chaque nouveau site peut offrir plus qu’un simple entrepôt numérique. L’expérience montre qu’ils peuvent être au cœur d’un nouveau développement – créant des emplois et profitant aux communautés voisines.

Bien sûr, les data centers sont de plus en plus grands, nécessitant beaucoup de ressources pour les mettre en place et les faire fonctionner. En règle générale, on estime que le bâtiment lui-même aura une durée de vie moyenne de 30 ans. Cependant, les éléments mécaniques situés à l’intérieur – comme les équipements de refroidissement et de ventilation par exemple – fonctionneront en moyenne 15 ans, tandis que les serveurs seront opérationnels pour 5 ans.

L’investissement initial et continu nécessaire à la création et à l’entretien d’un bâtiment opérationnel pour plusieurs décennies bénéficie souvent, indirectement, au réseau économique local, car ce dernier bénéficie de vitesses de connexion rapides et peut tirer parti des initiatives de récupération de la chaleur dans la région.

Et si les sites eux-mêmes ne créent qu’un nombre limité d’emplois, les connaissances et l’expérience des spécialistes qui y travaillent peuvent être transférées à d’autres. Les synergies favorisent les pôles d’activité et les lieux d’enseignement – en accueillant des professionnels et des étudiants pour qu’ils s’imprègnent des « meilleures pratiques » en action – et en renforçant les compétences et les connaissances des habitants de toute la région.

Le recyclage et la réutilisation font désormais partie intégrante de l’industrie du bâtiment. Ainsi, si vous rénovez un entrepôt pour en faire un data center, par exemple, vous devrez montrer comment vous allez réintégrer ou réutiliser autant d’éléments du bâtiment existant que possible.

Le béton peut être recyclé pour servir de matériau à la construction des routes, le métal peut être converti en écrans, supports ou sculptures, tandis que le verre peut être évacué et recyclé. Essayer de réduire le volume de la chaîne d’approvisionnement et des déchets va devenir un élément clé pour l’obtention du permis de construire – ce qui est indispensable.

Au Royaume-Uni, par exemple, le débat sur la construction sur site vierge versus site bâti a longtemps demeuré, mais si vous voulez légitimer la construction sur un site vierge en France, vous devez fournir un « terrain de compensation » et expliquer pourquoi les alternatives ne conviennent pas.

Chaque élément d’architecture doit prendre en compte son impact sur l’écosystème naturel à proximité, mais aussi la manière de compenser ces conséquences, voire de favoriser une plus grande diversité des espèces locales.

L’artificialisation des terres autour des villes entraîne une augmentation de la chaleur – connue en France sous le nom de « chauffage urbain » – et il faut donc se demander comment ramener cette chaleur à un niveau acceptable, en plantant des arbres et en créant davantage d’espaces verts par exemple.

Le drainage naturel doit également être envisagé. Dès lors que l’on commence à aménager des sols imperméables et à les recouvrir de béton, l’eau de pluie doit pouvoir être évacuée. Tous projets, particulièrement les data centers, doivent disposer d’un système de drainage adéquat pour faire face aux tempêtes et aux conditions météorologiques défavorables que nous observons avec le dérèglement climatique. Il est indispensable de gérer l’excès d’eau sur le site et de soulager l’infrastructure publique locale.

La source d’énergie est, naturellement, un facteur important dans la durabilité des data centers. S’ils peuvent réinjecter de l’énergie dans le réseau, ils en consomment aussi beaucoup. Certains sont construits pour tirer parti des possibilités géothermiques, hydroélectriques, éoliennes ou solaires à proximité. Mais en France, le nucléaire reste un avantage car il n’augmente pas l’empreinte carbone et permet de répondre aux objectifs de durabilité de l’ONU.

En conclusion, la réponse est oui : les data centers peuvent être durables, à leur manière. Certes il sera difficile pour eux de devenir « net zéro », cependant certaines mesures pourront être prises pour minimiser leur impact sur l’environnement tout en soutenant la vision commune d’un avenir connecté.

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